Les premiers pas en Polynésie

June 13, 2019

Après 47 jours en mer, nous sommes arrivés au nord de l’île de Hiva Oa. Le temps s’est arrêté, nous ne l’avons pas vu défiler, c’est bon signe... Voilà plus d’un mois que Vagabond est ancré dans ce mouillage sauvage et romantique. Nous avons bien de la peine à repartir… « Pourquoi aller voir ailleurs alors que t’es bien ici ? »

 

 

Les îles Marquises sont situées à environ 1400 km au nord de Tahiti et forment un des cinq archipels de la Polynésie française. Elles sont composées de 14 îles dont 6 sont habitées. Les Marquises s’entendent sur une superficie de presque 1000 km2. Les côtes ont l'aspect d'une muraille coupée de profondes crevasses et de quelques plages de sable noir. Les vallées isolées barrent les chaînes de montagnes dont les sommets peuvent atteindre plus de 1000 mètres d'altitude.

De Herman Melville à Jacques Brel, en passant par Paul Gauguin, Robert Stevenson, Jack London, Alain Gerbault et Roger Carpriaux, tous ont été subjugués par les Marquises. Aucune partie du monde n’exerce un attrait aussi puissant sur le visiteur...

 

Une vue spectaculaire

 

Le paysage d’une folle grandeur est presque envoûtant ! Les falaises plongent dans la mer et dégagent une puissance sévère et mystérieuse. Je ne me lasserai jamais d’admirer le spectacle de l’eau qui s’éclate contre les falaises et qui s’élève en l’air comme des jets de fumée. Des visages se devinent dans le basalte. En fonction du jeu de lumière du soleil, les couleurs de la roche volcanique varient, dans toutes les tonalités de brun, gris ou de noir, le paysage n’est jamais tout à fait pareil. Les arbres et les palmiers donnent le ton vert, ils s’accrochent aux falaises abruptes que les nombreuses chèvres sauvages escaladent avec aisance...

 

La plage blanche

 

A peine nous posons pieds à terre que le besoin de nous dégourdir les jambes se fait sentir. Une magnifique balade mène à la plage blanche, dans une autre vallée. Nous avons complètement sous-estimé le trajet de douze kilomètres et nous ne sommes pas dans l’état de nous taper cinq heures de marche aller-retour ! N’ayant aucun sens de l’orientation, il a fallu qu’on se trompe de chemin. Et si un marquisien te dit une heure de marche, il vaut mieux compter le double, car ils ont des mollets d’acier ! L’effort en valait la peine ! Nous atteignons non seulement dans un endroit digne d’une carte postale, mais nous rencontrons aussi l’unique habitant permanent de ce lieu, le vieux Avo...

 

 

Un jour, nous y retournons en pirogue traditionnelle à balancier (équipée d’un moteur 30 chevaux). Dès l’aube, nos amis marquisiens, Tatiana, Adam et Pascal passent nous chercher. Une bonne averse nous réveille ! Nous longeons le bord des falaises déchiquetées pour arriver à Hanatekuua, 3 milles nautiques plus loin. C’est bien plus rapide qu’à pieds !

 

 

 

Avo, 78 ans, rame sur sa petite pirogue. Il s’est levé à 4 heures et il revient de la pêche avec du poisson et un large sourire.

 

 

Accueil chaleureux dans sa maison où nous constatons à quel point la simplicité libère le corps et l’esprit du poids matériel. La cabane est alimentée en énergie par des panneaux solaires, il y a tout ce qu’il faut et même un congélateur et une télé. Sept magnifiques chats squattent les lieux et mangent les rats qui causeraient des ravages sans la présence des félins. Alex réchauffe le ragoût de sanglier et fait frire les poissons. Nous dégustons un petit déjeuner original et copieux entourés par des dizaines de mouches qui se sont invitées à table. Nous savourons ces moments authentiques. Sa famille vit ici depuis des générations. A côté de la maison, la tombe de son arrière-grand-père irlandais né en 1898 en témoigne. Elle a même survécu à un terrible raz de marée, c’est pour cela qu’elle penche...

 

Un paradis au parfum de coco

 

Le parfum de coco embaume les lieux et le petit étang d’eau de source, mmmm ça sent bon ! Avo rayonne, il vit au paradis et il en a conscience. Comme la plupart des habitants des différentes vallées, Avo se nourrit grâce à la chasse et à la pêche et gagne de quoi vivre avec le coprah. Il ramasse les cocos secs au pied des arbres, les décortiquent, puis ouvre les noix d’un coup de machette pour en extraire la pulpe blanche qui est mise à sécher sur un plancher surélevé, protégé par une toiture à glissière que l’on pousse au-dessus du séchoir au coucher du soleil. Toutes les trois semaines, quand le bateau « Aranoui » arrive de Tahiti pour avitailler les îles, Alex emmène 600 kg de coprah (23 sacs de 25 kg) à Hanaiapa en pirogue, puis un véhicule le conduit jusqu’à Atuona. Tout le coprah récolté sur l’île sera transporté à Tahiti par « l’Aranoui ». Il sera ensuite pressé et c’est de là que vient la fameuse huile Monoï de Tahiti vendue partout dans le monde....

 

  

Je regarde par le hublot et je crois rêver, une quarantaine de dauphins nagent tout autour du bateau ! Je mets mon masque et mon tuba et dans la précipitation, je manque de me casser la figure en sautant à l’eau. Je les entends siffler. La visibilité n’est malheureusement pas très bonne. Curieux, ils s’approchent avec prudence. Ils sont si nombreux que je ne peux les compter. Je flotte au milieu des dauphins dans un concert d’ultrasons magiques, un de mes rêves s’est réalisé ! Il paraît que lorsqu’un nouveau bateau arrive, les dauphins entrent dans la baie pour l’accueillir...

 

L’animal le plus fascinant

 

Nager avec les raies mantas est une expérience tout aussi extraordinaire ! Elles évoluent avec grâce à la surface de l’eau. La gueule grande ouverte, encadrée par deux ailerons, elles ressemblent à une soucoupe volante. Devant un tel spectacle, la peur se mêle à la fascination. Je me souviens de ma première rencontre avec une manta, c’était aussi ma première expérience de snorkeling ! Il faut avouer qu’avant, j’avais la phobie de l’eau et des poissons ! Les films « Piranhas » et « Les dents de la mer » ont laissés des séquelles. Je ne m’aventurais jamais plus loin que le bord de l’eau et je n’aurais pas nagé dans un étang où je ne voyais pas mes pieds. Un poisson rouge aurait pu me faire une peur bleue ! Il y a dix ans, aux Îles Andamans, grâce à un ami passionné, j’ai découvert la beauté de l’océan. Totalement éblouie par ce magnifique aquarium sous-marin, les poissons habillés de leurs plus beaux costumes ne m’effrayaient plus. J’ai osé m’éloigner et j’ai suivi une tortue vers le large. Le courant m’emportait. Je me suis retrouvée bien trop loin de la côte et j’avais peur. Quand soudain, elle est apparue ! Une ombre gigantesque noire et blanche, trois, quatre mètres ou plus ? Je n’en sais rien, dans l’eau tout paraît plus grand. En tout cas, elle dépassait largement ma taille ! Ne sachant pas ce que c’était, je suis restée immobile, j’ai retenu mon souffle et franchement j’ai eu la trouille de ma vie ! Là d’où je viens, dans mon petit village jurassien, on n’a pas idée de ce que peut représenter une énorme raie manta ! C’était un extraterrestre ! Elle est passée en dessous de mon corps pétrifié puis elle a tourné autour de moi avant de disparaître. Cette rencontre incroyable m’a piqué du virus : je suis devenue une passionnée et j’ai passé des heures dans l’eau jusqu’à choisir de vivre sur un voilier...

 

Aujourd’hui, deux raies mantas sont dans la baie. Sur mon stand up paddle, je m’en vais à leur rencontre quand tout à coup, il y en a une qui me fonce dessus ! Elle plonge, se retourne sur le ventre et passe juste en dessous de ma planche, dévoilant sa grande silhouette blanche. Cette image insolite restera marquée à tout jamais dans ma mémoire ! Tom nage pour la première fois de sa vie avec cet animal mystérieux et il en redemande...

 

Ciguatera

 

Avant, il y avait beaucoup de poissons aux Marquises mais aujourd’hui, les habitants sont inquiets car les bateaux chinois de pêche industrielle viennent vider l’océan autour des îles et en plus, ils polluent en déversant leurs déchets dans l’eau... Un jour, les océans seront vidés de toute vie, il ne restera que le plastique... Bref, je ne vais pas plomber l’ambiance...

 

Le poisson, on en mange peu car, comme presque partout en Polynésie, la plupart ont la ciguatera, un empoisonnement par des toxines. La règle, c’est de bien se renseigner auprès des locaux avant de pêcher. Un poisson sera comestible dans un endroit mais pas dans l’autre. Ici, les pêcheurs sortent de la baie et il faut toujours être deux minimums, il y en a un qui plonge avec le harpon pendant que l’autre reste à la surface et surveille la présence des requins. Pour l’instant, nos harpons se reposent, nous n’avons pas vraiment la motivation d’aller chasser... D’autant plus que ce sont les superbes poissons perroquets qu’ils pêchent et moi je n’aime pas les tuer, ils sont trop beau ! Les requins méchants, il paraît qu’ils n’y en a pas dans la baie. T’inquiètes pas maman ;-) on passe plus de temps sur terre que dans l’eau et on mange du cochon !

 

« C’est bon le cochon ! »

 

Le 17 mai, c’est la fête nationale de la Norvège. Invités par Axel et Christina, les bateaux norvégiens ont « envahis » la baie. Bon, j’exagère, ils ne sont que 4. Mais ils sont grands et un bateau en amène d’autres, nous sommes neuf dans la baie qui, du coup, perd de son charme. Les villageois sont surpris, ils n’ont jamais vu autant de bateaux ici ! Notre tranquillité est quelque peu bouleversée. Certains font du ski nautique autour des bateaux, ça me fâche ! Les mantas qui viennent manger dans la baie ne vont pas apprécier non plus... D’autres aiment être collés serrés, c’est rassurant de ne pas se sentir trop seul, c’est un phénomène très fréquent ! Plus d’intimité, il faut s’habiller. Lorsqu’ils enclenchent la bruyante génératrice ou pire, le compresseur, dès 8 heures du matin, ce n’est certainement pas pour se faire des amis. Qui aime se lever avec un vacarme pareil ?

 

Adam et Tatiana, nos amis marquisiens, proposent d’organiser la fête chez eux et d’emmener Axel chasser le cochon sauvage. Tom n’a pas voulu les accompagner, il a cru devoir préparer la bête sur le bateau, « Vagabond n’est pas une boucherie ! » je plaisante. Ils ont tiré un beau sanglier de trente kilos qu’Adam a préparé au lait de coco (râpé et pressé dans un linge pour en sortir le jus délicieux, mmmm). Une chèvre ainsi que l’uru, fruit de l’arbre à pain, sont grillés sur le barbecue. Tatiana nous offre, à Christina et à moi, une jolie robe tahitienne ainsi que des colliers de graines qu’elle a confectionnés. Tom et Axel reçoivent des colliers de guerriers sculptés dans de l’os par Adam. Christina sort sa guitare, sa voix d’ange donne la chair de poule et fait couler des larmes. Je ne cesse de l’encourager, elle a un incroyable talent ! Dix-huit personnes sont invitées. Adam est très heureux de rencontrer des gens et de faire la fête chez lui. Fier que tout le monde apprécie sa cuisine, il ne reste plus un morceau de sanglier, « c’est bon le cochon ! »

 

Vagabond ne veut plus repartir

 

Ce fichu bout de plastique aspiré au Panama a fait beaucoup de dégâts dans notre moteur ! Depuis, il nous crée bien des soucis, au point où on aurait franchement envie de le balancer par-dessus bord ! Bon, on peut quand même s’estimer heureux, le moteur a tourné 100 heures pour traverser les grandes zones de pétole avant de nous lâcher à deux heures de l’arrivée... Donc, si je résume, nous voilà bloqué ici, sans moteur, sans génois (Adam propose d’essayer de confectionner une voile avec des rideaux à fleurs, ah ! ah ! pourquoi pas !) et sans régulateur d’allure (le travail de rénovation du vieux safran reçu juste avant le départ est en cours...). Mais tu sais quoi ? Ce n’est pas grave, car c’est de loin, incontestablement, notre plus belle escale ! Les marquisiens sont d’une gentillesse incomparable et nous vivons une expérience unique. Au cours de nos deux ans de vie à bord, les rencontres avec les locaux étaient bien trop rares, au point où j’ai souvent remis le voyage en bateau en question. « Je voyage non pas pour changer de lieu mais d’idées ». J’aime rencontrer les gens, découvrir d’autres cultures, d’autres manières de pensées... J’ai le sentiment que c’est ici le voyage commence et je comprends pourquoi Tom tenait tant à revenir en Polynésie sans traîner en route...

 

 

Les aventures en stop

 

Il faut régulièrement quitter notre mouillage isolé pour rencontrer Vincent le mécanicien à Atuona, dans la « ville » (tout est relatif), située à 22 km, à l’autre bout de l’île. A chaque fois, c’est toute une aventure ! Il y a l’option de louer une voiture pour 100€ la journée où prendre le taxi qui très cher ! C’est 20€ par personne un aller simple, peu importe le nombre d’occupants dans le taxi. Comme nous devons aller à Atuona une ou deux fois par semaine pour régler notre histoire de moteur, il va falloir tenter de trouver la meilleure combine pour ne pas nous ruiner. Car au final, ce satané bout de plastique nous coûte un véritable saladier ! Ici, cela ne pourrait jamais nous arriver, Tatiana nettoie la plage tous les matins, c’est son job ! Aucun déchet ne traîne dans la nature ! Bravo !

 

Le réveil sonne à 5 heures, le temps d’avaler un café, nous sommes déjà dans l’annexe. Ce matin, Christina nous accompagne. Nous marchons dans le petit village, une seule et longue rue pittoresque et fleurie. Les maisons sont coquettes. Les gens nous saluent. Ils sont matinaux. A six heures, nous avons l’espoir de trouver une voiture qui s’en va à Atuona. A la sortie du village, la route commence à grimper. Il pleut, c’est rafraîchissant. Une première voiture passe sans s’arrêter, puis le bus scolaire qui emmène les enfants en « ville ». Ils ont dû fermer l’école du village par manque d’élèves. Une seconde voiture file sans ralentir. Un pick up trop petit... Puis, la dame qui nous avait ramenés la dernière fois s’arrête, son véhicule est rempli de gamins, dommage, elle était notre espoir. Nous marchons. Encore une jeep déjà occupée par des passagers qui passe sans s’arrêter. Il y a à peine 200 habitants dans ce bled paumé, dont peu possèdent une bagnole, nos chances sont réduites. Qui a dit que faire du stop en Polynésie c’était facile ? Quand ne connaît pas la route, elle semble toujours plus courte. J’ai l’impression d’arriver au sommet à chaque tournant, mais ça monte encore et encore et les lacets sont interminables. Bien évidemment, à la base, nous n’avions pas prévu d’aller à pieds donc nous n’avons rien à manger et 7 décilitres d’eau pour trois, inconscients que nous sommes ! 22 km, c’est quand même loin et en plus, j’ai le ventre vide ! Le long de la route, les bananes ne sont pas mûres, les mangues non plus, les cocos ne sont pas atteignables. Le sandwich et le coca bien frais que l’on va s’offrir une fois là-bas nous donnent un élan de motivation. Nous arrivons enfin au sommet ! Victoire ! L’air est plus frais. Les cocotiers, bananiers, manguiers et autres arbres tropicaux font place aux forêts de pins. Le pire est fait, le reste du trajet ne sera que du plat et de la descente mais c’est encore loin, bien trop loin. Faire demi-tour, il n’en est plus question. Il y a aura une solution où nous irons à pieds. Ne perdons pas espoir. Un bruit de moteur résonne au fond de la vallée, Christina et moi, toutes trempées, exténuées mais souriantes, tendons nos pouces, et c’est gagné ! La voiture s’arrête ! C’est interdit de transporter des gens à l’arrière du pick up, mais ils ont pitiés de nous et ils nous déposeront pas loin du port. Nous admirons les chaînes de montagnes, la route à travers l’île est sublime !

 

Pour le retour, c’est une autre affaire car en principe, aucune voiture ne va à l’autre bout de l’île. Alors, on se pose devant le supermarché. Le but est de prendre le temps d’observer et puis oser, un bon exercice pour vaincre sa timidité. « Kao Ha, (Bonjour), tu connais quelqu’un qui va en direction de Hanaiapa ? Je cherche une voiture qui pourrait nous y emmener et je peux contribuer pour l’essence ». En principe, on nous emmène pour 1000 francs par personne (donc 10€). Dans la voiture ou plutôt dans les pickups 4x4 parce qu’il n’y a pratiquement que ça ici, les discussions démarrent et c’est à chaque fois une formidable expérience !

 

 

  • « Beaucoup sont venus et n’ont plus voulus repartirrr ! ». Tu m’étonnes !

  • « Cette rrroute n’existe que depuis une trrrentaine d’années, avant j’allais à cheval jusqu’à Atuona... »

  • « Il y a encorrre des chevaux sauvages là-bas dans les montagnes... ». J’interroge pourquoi les chevaux sont attachés au bord de la route ?

  • « C’est interrrdit, c’est dangerrreux, ils ne devrrraient pas les mettrrre là ». 


Pauvres bêtes, ça manque un peu de pâturages sur cette île montagneuse ! Un jour, un personnage très comique nous ramène. Dans le véhicule, il enclenche la musique polynésienne folklorique volume à fond. Très heureux de nous faire écouter son album qu’il a enregistré à Tahiti. Il est tellement dans sa musique qu’il prend le tableau de bord pour un piano et s’excuse de ne pas rouler plus vite ! Il n’est pas vraiment concentré sur la route alors surtout, pas plus vite sinon j’ai peur ! Qu’est-ce qu’on a ri ce jour-là ! J’adore voyager ainsi et j’adore leur accent très chantant. Il faut bien aspirer les H, rouler les Rrrr et prononcer chaque lettre. La langue contient beaucoup de voyelles. Par exemple Papè-ète, Mo-orea, ou l’aéroport Fa-a-a, qui a d’ailleurs donné son nom au fameux produit de douche « Fa ». A noter aussi qu’ici, tout le monde se tutoie, c’est tellement plus sympa !

 

Atuona

 

Hiva Oa, « la grande crête », d’une superficie de 316 km2 compte environ 2500 habitants dont la plupart se concentrent à Atuona et les autres dans les quatre petits villages dispersés sur l’île. Hiva Oa, l’île des poètes est célèbre pour avoir été la dernière demeure de deux grands hommes : Brel et Gauguin qui reposent dans le petit cimetière d’Atuona. Dans la « ville civilisée » on trouve une banque avec distributeur de billets, une poste, une gendarmerie, une pharmacie, deux petits supermarchés, un magasin de bricolage, un restaurant avec un wifi correct, un tatoueur, une station essence et je n’ai pas fait le tour mais c’est à peu près tout. Les Marquises se situent hors de la zone cyclonique, du coup, un nouveau chantier à sec a vu le jour en 2017 et une boutique d’accastillage vient juste d’ouvrir ses portes.

 

Beaucoup de navigateurs arrivent ici après la traversée. Ils peuvent faire les formalités d’entrée obligatoires à la gendarmerie avant de visiter les autres îles. Ils se retrouvent cantonnés entre eux, à trois kilomètres du village. Le mouillage de Tahauku n’est pas bien grand et la vingtaine de voiliers s’entassent les uns sur les autres, une ancre arrière est indispensable pour rester bien dans l’axe et éviter les collisions. Malgré la petite digue, la houle pénètre et fait rouler les bateaux. Fin mai, nous comptons trente voiliers, il faut vraiment aimer la promiscuité ! Nous avons expérimenté le mouillage le temps d’un petit déjeuner sur le catamaran des copains. Il a été prié de se déplacer pour laisser la place au grand super yacht de milliardaire qui voulait dépenser 10 000 $ à la station gasoil. Nous avons filé un coup de main pour trouver une place là au beau milieu de la foule et installer une ancre arrière. Qu’est-ce qu’on a bien fait de ne pas venir ici ! En fait, quand on arrive de Hanaiapa, on a bien de la peine à s’extasier et trouver l’endroit charmant. Même si c’est vrai qu’elle en jette cette haute montagne en arrière-plan, toujours coiffée de ses nuages, le mont Temetiu culmine à 1276 mètres d’altitude. C’est le Cervin recouvert de verdure jusqu’en haut, avec à ses pieds, des cocotiers et une plage de sable noir où la longue houle du Pacifique termine sa course. L’eau du mouillage est sale, je ne m’y baignerais pas. Au sémaphore, en haut d’une petite colline, se trouve le cyber café. Sandra offre une multitude de services aux navigateurs. Le wifi proposé avec plus ou moins de bonheur coûte le prix d’une boisson. Il y a des jours où il faut s’armer de beaucoup de patience et aimer être collés serrés tout juste pas sur les genoux du voisin qui partage ses conversations WhatsApp avec tout le monde. Je crois qu’on est devenu un peu sauvage Tom et moi, on apprécie la solitude. Bon, quand j’en ai marre de voir l’écran, je peux regarder la vue, d’ici en haut, elle est vraiment pas mal et parfois, il y a toute une colonie de raies manta qui s’ébattent à la surface de l’eau. Après quelques heures à Atuona, nous avons vraiment hâte de retrouver notre petit paradis qu’on apprécie d’autant plus... Nous avons compris pourquoi nous sommes seul au mouillage, la plupart des navigateurs ont besoin d’autres bateaux autour d’eux, d’avoir internet et toutes les facilités...

 

Quand internet ne t’empêche plus de vivre

 

S’asseoir sous le manguier, prendre le temps, démarrer spontanément une conversation avec un marquisien. Ici, ils ne sont pas encore drogués du téléphone portable, ils savent parler, plaisanter et rire beaucoup et qu’est-ce qu’ils sont drôles !

 

Il n’y a pas Internet au village. Nous nous connectons seulement lorsqu’on va à Atuona, une fois ou deux par semaine pendant 2 heures. C’est incroyable à quel point la cure de désintox fait du bien ! Quand tu n’as pas internet, c’est fou comme tu es plus sociable et comme tu as le temps pour d’autres choses, tu deviens beaucoup plus créatif...

 

Tom a connu l’époque avant Internet. Il y avait beaucoup plus d’échanges avec les autres navigateurs qui formaient comme une grande communauté, une grande famille. Maintenant, tu trouves tout sur le net, tu organises ton voyage à l’avance et il n’y a plus de place pour la spontanéité. La communication a changé et les mentalités aussi. Faire connaissance avec son voisin ? C’est rare, souvent les navigateurs n’ont plus le temps...

 

« Vivre, c’est la chose la plus rare dans ce monde. La plupart des gens ne font qu’exister. » Oscar Wilde

 

Je crois que je n’ai jamais raconté comment nous avons rencontré Axel et Christina ? C’était aux îles Perlas au Panama, nous étions partis avec notre annexe pour pêcher à la traîne. Curieux, admirant d’un peu trop prêt ce minuscule voilier au pavillon norvégien, notre ligne de pêche s’est malencontreusement emmêlé dans leur chaîne d’ancre ! C’était un peu la honte ! Mais je dis aujourd’hui merci au destin car nous avons partagé nos galères à la marina de Vista Mar, nous avons pris le départ de la traversée le même jour et avons échangé tout au long de notre périple pour nous retrouver ici et vivre des moments merveilleux...

 

Axel suit les traces de Thor Heyerdahl, chercheur et aventurier norvégien, qui, à l’époque, a traversé le pacifique à bord de son radeau le Kon Tiki. Il voulait prouver que la Polynésie avait été peuplée depuis l’Amérique du Sud. On sait maintenant que c’est faux, les premiers habitants sont venus de Taïwan. Thor Heyerdahl est allé à Fatu Hiva et Axel a donc cette idée bien ancrée en tête... A peine arrivé à Hanaiapa, il ne pensait rester que trois jours et nous avions d’abord cru que c’était une blague ! « Are you in a hurry ? » (Vous êtes pressés ?). Finalement, il a réalisé que ce que l’on vit ici est unique et il a repoussé le départ jours après jours. Axel a pris conscience qu’il faisait partie de ses navigateurs qui ne prennent pas le temps. Nos amis marquisiens ont dévoilés les vraies valeurs de la vie et nous avons tous été profondément touchés par leur hospitalité exemplaire. Prendre le risque de rester, c’est prendre le risque de s’attacher, de créer de vrais liens avec les gens et les adieux sont alors difficiles et déchirants... Aujourd’hui, après 26 jours, le petit voilier norvégien a levé l’ancre... Vagabond est tout seul et triste...

 

Parfois, d’autres voiliers arrivent dans la baie, mais la majorité repartent après un jour ou deux, maximum trois. Pourquoi sont-ils si pressés ? Ils ont juste le temps de cocher, prendre des photos et dire : « J’ai vu, j’ai fait, j’y suis allé ». Certains ne vont même pas à terre !!! Et il y en a qui volent les fruits dans les jardins alors que les habitants les offrent avec plaisir !  Le manque de respect me révolte ! J’ai de la peine à comprendre, à quoi bon changer de baie et de décor tous les jours ? A force, ils risquent de finir par être fatigués et blasés de tout. Une raie manta peut être un simple poisson ou un animal extraordinaire, un rocher peut être un simple caillou ou une cathédrale, tout dépend comment on observe les choses... Il y a tant de merveilles à découvrir ! Il suffit d’ouvrir les yeux et le cœur et, surtout, s’arrêter, prendre le temps, ne pas se contenter de voir mais vivre. Ne pas consommer mais partager et laisser une trace derrière soi...

 

Il y a plusieurs manières de voyager. Certains ne partent que s’ils peuvent embarquer tout leur confort à bord : « sans machine à laver je ne pars pas ! ». Et ils ont tout : la clim, le congélateur, le micro-ondes, la machine à glaçons, la machine à pain, etc. Cela ressemble à du camping sur l’eau.  Beaucoup économisent une vie entière pour s’offrir une véritable maison flottante et un voyage de quelques années et de nombreux retraités s’achètent un bateau à la place d’une maison...

 

D’autres, beaucoup plus rares, se débarrassent de tout le poids matériel et misent sur la simplicité. Un retour à l’essentiel pour revenir aux vraies valeurs. Ils partent avec ce qu’ils ont et se débrouillent ensuite. Ils apprécieront la vie au grand large et trouveront, comme Moitessier, la paix en eux-mêmes à mesure que le temps les éloigne de la vie trépidante sur terre.

 

Pour certains, partir est une fuite. Ce qu’ils ignorent, c’est que leurs problèmes les suivront jusqu’à l’autre bout du monde. Partir ne va pas les résoudre, bien au contraire. Le paradis n’est pas qu’un lieu magnifique, il est d’abord en soi-même.

 

Robinson des temps modernes

 

Nous retrouvons Avo devant le supermarché à Atuona, il a emmené son coprah ce matin et il attend le taxi pour retourner dans la vallée. Lui qui vit comme un Robinson des temps modernes, il n’aime pas la « ville ». Mais il connaît tout le monde et il parle et il rit tout le temps ! Plusieurs habitants de Hanaiapa attendent le taxi pour rentrer et nous nous joignons à eux. Avo retourne ensuite chez lui à dos de son mulet. Le lendemain matin, nous grimpons au-dessus de la vallée, longeons le bord des falaises vertigineuses, traversons des zones où divaguent des chèvres sauvages mais ayant des propriétaires, arrivons sur un long plateau au-dessus de la vallée d’Hanatekuua. Après un mois sur terre, nos jambes se sont à nouveau musclées et le trajet est bien plus facile et rapide que la première fois ! Avo nous a préparé le Kaï Kaï (le repas) : un émincé de poulet, du riz, des bananes et des mangues vertes. Quand on est invité chez un polynésien, on ne repart jamais le ventre vide ! Nous avons d’ailleurs pris quelques kilos. Nous nous baignons dans l’eau couleur turquoise et cristalline. La plage est magnifique, mais il ne faut surtout pas s’y s’attarder, car, comme toutes les rares plages de sable blanc aux Marquises, elle est infestée de nonos. Ces minuscules moucherons nous dévorent et laissent des boutons qui grattent à devenir fou pendant plusieurs jours ! Trente piqûres en cinq minutes ! C’est l’envers du décor paradisiaque auquel s’ajoute des mouillages où la houle rentre parce qu’il n’y a pas de barrière de corail. Le bateau roule d’un bord à l’autre, ce qui devient fatiguant à la longue... Bref, rien n’est jamais parfait !

 

 

 

Hors de prix !

 

(Les prix sont approximatifs et arrondis. 100 francs pacifique = 1 euro)

 

La Polynésie est une destination de luxe presque plus chère que la Suisse ou du moins pareille. Serrons-nous la ceinture ! Comment fait-on pour ne pas vider complètement son portefeuille ? Eh bien, on ne s’intéresse qu’aux produits de première nécessité qui sont subventionnés et marqués par des étiquettes rouges. En gros, cela concerne : la farine, le riz, les pâtes, le pain, quelques boîtes de conserves (1,5€ la boîte de tomates pelées), le cheddar (1.6€ la boîte et ça se garde sans frigo, super !). Sinon, tout ce qui est importé et qui n’est pas prix rouge est cher ! Quelques exemples : Fromage râpé emmental 13€ le paquet de 500g, céréales 8€, un t-shirt 20€, une paire de tongs 20€, le fameux papier essuie-tout très utile sur un bateau cher lui aussi... Bref, il va falloir économiser et miser sur la simplicité ! Le « nice to have », mieux vaut oublier car c’est 6€ un paquet de chips, 12€ un grand pot de Nutella (tant mieux je milite pour sauver les orangs outans), 8€ un pot de beurre de cacahuète (pauvre Tom, il adore ça), 8€ une plaque de chocolat « côte d’or » (on en trouve aussi à 2.45€, on est sauvé !). Voilà, accroche-toi bien aussi si tu veux acheter de l’alcool et du tabac ! C’est 3,5€ une cannette de bière au supermarché et 6€ au restaurant !!! Le vin rouge le moins cher (buvable) est 12 à 14€ et la bouteille de rhum est à 50€, le tabac à rouler 10€... Ça vaut la peine de bien remplir son bateau au Panama ! Bref, mais alors comment font les marquisiens ? Les îles Marquises sont incorporées au territoire d'outre-mer de la Polynésie française depuis 1958. La France apporte une aide généreuse. Il y a des taxes mais pas d’impôts sur le revenu. Les frais médicaux (dentiste inclus) sont pris en charge, l’école aussi. Et surtout, beaucoup de marquisiens possèdent leurs terres et n’ont donc pas de loyer à payer. Les frais pour l’eau et l’électricité ne reviennent pas trop cher. Ils mènent une vie simple. Mais, même s’ils sont très loin de la société de surconsommation, certains avoueront que les tentations sont là : « on veut toujours ce qu’on n’a pas ».

 

Le plaisir au lieu de l’argent

 

Les journées pluvieuses, Tatiana m’apprend à confectionner des bijoux. Elle ramasse différentes sortes de graines dans la nature et elles les percent grâce à un appareil qu’elle a reçu par des navigateurs. « Pourquoi tu ne vends pas tes colliers ? - Parce que je préfère les offrir et si je le fais pour l’argent, je n’aurais plus le même plaisir ». Pareil avec Adam qui préfère garder ses incroyables sculptures en bois et en os, de véritables objets d’art ! Pour gagner de quoi vivre, Adam fait des travaux de maçonnerie devant l’école.

 

La nature généreuse donne tout ce qu’il faut pour vivre

 

Les montagnes apportent l’eau de source qui coule à volonté. La terre est fertile, les fruits poussent tout seul et en abondance : noix de coco, citrons, pamplemousses, bananes, oranges, goyaves, mangues, corossol, papayes, uru... Pourquoi avez-vous si peu de légumes sur l’île ? « Parce que nous sommes trop fainéants pour les cultiver ». Les chèvres, les cochons sauvages et les poulets sont plus nombreux que les habitants et il suffit de se servir ! Il y a même des arbres à poulets ! Si si je te jure ! C’est le poulailler ! La nuit, ils dorment dans les arbres, incroyable !

Juste une petite parenthèse pour dire qu’aux Marquises, il n’y a aucun animal ou insecte méchant sur terre, pas de serpents, scorpions, araignées ou autres bestioles ! Génial !

 

Une leçon de vie

 

Vagabond a de la compagnie, un voilier brésilien est arrivé. Les trois jeunes rencontrent Adam qui leur offre des fruits et tente de les convaincre de rester plus que deux jours. « Venez goûter le sanglier ce soir et après on ira chasser ! ». Du coup, c’est gagné ! Ils ne lèveront finalement pas l’ancre cette après-midi.

 

Nous nous retrouvons tous autour de la table devant un repas gargantuesque. Les douze chiens, les cinq petits chiots et les quatre chats mettent toujours beaucoup d’ambiance ! Tom et moi, nous jouons les traducteurs car Adam et Tatiana ne parlent que français et marquisiens. Mais c’est fou comme la barrière de la langue n’est pas un problème pour eux. Ils sont très ouverts, ils font l’effort de faire des gestes, ils plaisantent beaucoup et le courant passe toujours.

 

La partie de chasse est annulée car le gars qui devait les accompagner est complètement bourré. C’est lui qui a les cartouches, Adam n’a pas le permis pour en acheter.

 

De retour devant le quai, l’annexe des brésiliens a disparu ! Le nôtre est hors de l’eau. A chaque fois, nous le hissons sur les marches glissantes en béton et le laissons à terre, c’est plus sûr à cause de la houle et des marées. Nous avons la chance d’avoir un canot pneumatique léger, mais les débarquements à terre sont toujours sportifs ! Les annexes plus lourds sont attachés sur une bite d’amarrage sur le quai avec une ancre arrière pour qu’il ne frappe pas contre les rochers. L’ancre des brésiliens est toujours là, ainsi que l’amarre, l’annexe était simplement mal attaché, le nœud s’est défait. Nous partons à la chasse, non pas au sanglier, mais au zodiaque ! Pas de chance, c’est une nuit sans lune, on ne voit que le ciel sublime parsemé d’étoiles. Nos lampes frontales sont ridicules, on y voit que dalle ! Tom va réveiller Adam qui a de bonnes lampes puissantes (cadeaux reçus par des navigateurs, merci !). Ils s’en vont ensuite tous les deux avec notre annexe à la recherche de l’objet perdu. Plus ils s’aventurent vers le large, plus il y a de la houle et la frêle embarcation gonflable équipée seulement d’un petit moteur 3,5 chevaux n’est pas faite pour de grandes excursions dans ces conditions. La lumière attire les poissons aiguilles qui sautent hors de l’eau. Ils sont impressionnant ! Ils ont un corps allongé d’environ un mètre, leur long bec fin comme une épée est une arme redoutable, ils sont capables de transpercer un annexe en contreplaqué alors le nôtre, je n’ose même pas y penser ! Aucun annexe dans les parages. Adam garde espoir, il va réveiller un gars qui a un bateau plus costaud et plus puissant pour aller plus loin et les recherches dureront jusqu’à 2heures du matin sans succès, autant chercher une aiguille dans une botte de foin, le zodiaque est perdu.

Les brésiliens ont un stand up paddle et un kayak pour dépanner. Leur assurance les dédommagera certainement. Adam et le propriétaire du bateau n’ont demandé qu’un remboursement pour l’essence, c’est à dire à peine 20$. Qui se lèverait et passerait la moitié de la nuit pour aider, juste par solidarité et générosité, un parfait inconnu qui a bêtement perdu un objet ? Et qui repartira le lendemain continuer son voyage, promettant de revenir mais on le sait, ils ne reviendront sans doute jamais...

 

Vagabond poursuit sa route...

 

La vie d’un vagabond des mers est faite d’adieux... Même si nous sommes bien ici, ce n’est pas encore le moment de nous poser définitivement. Arrive alors un jour où l’envie de reprendre le large est plus forte que l’envie de rester... C’est la première fois que c’est si dur de partir... Des larmes coulent le long de nos visages, nos cœurs sont pleins de bons souvenirs et d’apprentissages de la Vie. Vagabond est remplit de mangues, citrons et pamplemousses !

 

Notre petit voilier poursuit sa route en direction de l’île de Nuku Hiva, à 80 milles nautiques au nord-ouest. Le nouveau gouvernail du régulateur d’allure est en place et il fonctionne à merveille ! Nous ne trouverons probablement pas de génois avant Tahiti, il nous reste l’option de la grande voile et des deux focs, on avance lentement... Le moteur est presque réparé* (cf en bas de page). Il nous a pris la tête et nous sommes passés par des moments à la limite du désespoir. Vincent était le neuvième mécanicien en deux ans ! Un des meilleurs, il a même découvert une trappe secrète d’accès au moteur ! Il faut dire que Vagabond a connu cinq bons mécaniciens et quatre "cacaniciens" et à deux reprises, on a dû trouver un bon pour réparer les fautes du mauvais ! Si ton fils ne sait pas quoi faire comme job : mécanicien bateau! Les bons mécanos sont si rares que je suis sûr que c’est un métier d’avenir !

 

 

Un peu d’histoire...

 

Autrefois, la population s’élevait à plus de 100 000 habitants, c’est pour cette raison que les îles s’appelaient « Fenua Enana », ce qui signifie « la terre des hommes ». Chaque vallée était le territoire d’une tribu. Des guerres tribales opposaient parfois les Marquisiens qui pratiquaient alors le cannibalisme rituel avec les prisonniers de guerre.

 

En 1595, les espagnols sont les premiers occidentaux à découvrir ses îles qu’ils nomment Islas Marquesas. La rencontre des explorateurs avec les Marquisiens eut pour effet de les exposer à des maladies contre lesquelles ils n'avaient aucune immunité. Cela entraîna une forte chute de la population. Au début du 20e siècle elle n’était plus que de 2 000 Marquisiens. Aujourd’hui, elle atteint un peu plus de 10 000 habitants.

 

En 1842, la France prend possession des îles Marquises. Pendant plus d’un siècle, les missionnaires ont contrôlé et interdit la culture et les croyances marquisiennes : « les tatouages, le port du paréo, la nudité même à la baignade, les chants, et les danses. Les fêtes traditionnelles : prohibées ; les idoles sacrées : brûlées ; les lieux de culte païens : défoncés ; les tikis (ces statues traditionnelles et typiques) fracassés ou vendus à l’étranger. » (Michel G. Barrault : « Journal d’un autre bord »).

 

Aujourd’hui, la population parle français et marquisien. Il y a une église dans chaque village. La population métissée renaît petit à petit et retrouve sa culture qu’ils sont fiers de partager et nous faire découvrir. Les motifs des tatouages sont copiés partout dans le monde.

 

Sources : Wikipédia, blog « Dans le sillage de "RATAFIA" »

 

 

* Les problèmes du moteur

 

1. Le plastique à bouché le système de refroidissement.

2. Le moteur a surchauffé.

3. La pompe à eau a été endommagée

4. L’eau de mer s’est alors infiltrée dans le moteur.

5. L’huile s’est mélangée avec l’eau puis elle a débordé pour se retrouver dans les fonds de cale. 

6. Le moteur n’a pas aimé l’eau salée, le témoin de la pression d’huile est foutu.



Tom a dû faire la vidange d’huile. La pompe à eau a été réparée par un mécanicien et il nous reste à trouver un nouveau témoin pour la pression d’huile. De plus, l’eau rentrait dans les cales, il y avait une fuite quelque part, mais où ? La réponse était le "waterlock", qui, avec l’usure présentait un petit trou bien caché, même problème avec le pot d’échappement qui lui aussi est fissuré. Ce sont, avec le sondeur, les dernières pièces du bateau âgées de vingt ans et qu’il va falloir changer. Devinez comment on a réparé les trous ? Avec du plastique !!! Nous avons fait fondre une bouteille de PET et le pansement tient nettement mieux que la colle époxy ! La boucle est bouclée ! 

 

 

PS : La connexion internet étant misérable, je galère à ajouter des photos pour illustrer le texte, c'est dommage... Mais dans la rubrique PICTURES, vous trouverez quelques photos que j'ai réussi à publier sur INSTAGRAM

 

 

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