Sainte-Lucie et les Iles Grenadines

April 23, 2018

Sainte-Lucie

 

Les voiles sont hissées, Vagabond glisse harmonieusement sur l’eau poussé par un vent de travers d'une vingtaine de nœuds. La Martinique s'éloigne derrière nous, tandis que l'île de Sainte-Lucie se pointe devant notre étrave. Tom ajuste le régulateur d’allure « Ariès », notre troisième homme à bord, celui qui nous avait lâchement abandonné pendant la traversée d'Atlantique. Les pièces qui avaient cassées ont été changées et l’ensemble du système des drosses (cordages) complètement modifiés, il fonctionne à merveille et même mieux que jamais. Nous poussons un grand OUF de soulagement ! Je crois que nous avions gentiment atteint notre seuil de tolérance avec les galères. A présent, il nous faut de bonnes expériences. Une mer clémente et une magnifique navigation nous réconcilie avec les éléments. On peut dire que la transatlantique m'a baptisée. Aujourd'hui, même si les conditions entre les îles peuvent parfois être rock-n-roll et bien j’ai vaincu mes peurs. J’ai vu pire pendant nos 45 jours sur l'océan…

 

Au bout de quelques heures, nous arrivons à Sainte-Lucie.

Dans l’histoire, le premier européen qui a mis le pied sur l'île était un pirate français. Il s'était installé à Pigeon Island pour attaquer les navires espagnols. À partir de 1605, date à laquelle les anglais débarquèrent sur l'île, Sainte-Lucie fit l'objet d'une lutte acharnée entre anglais et français passant 14 fois d'une domination à l'autre. Finalement, en 1814, elle fut cédée aux anglais avant de devenir un état indépendant en 1979. Les 150 000 Saint-Luciens parlent anglais et créole. 

 

Nous jetons l'ancre à côté de Pigeon Island, à Rodney baie, une station touristique. Des hôtels et des restaurants bordent la plage. Des touristes ayant soif de sensations fortes s'envolent en parachute ascensionnel, tandis que d'autres se font trainer sur des skis nautiques. Alors que ceux qui ont soif de vitesse perturbent le charme du lieu sur leur jet ski… Nous ne débarquons pas à terre et profitons du spectacle unique d’un ciel enflammé laissant le soleil disparaître à l'horizon dans une explosion de couleurs rouge-rose-orangées.  

 

 

Au réveil, nous relevons l'ancre sous le regard d’un voisin canadien antipathique et grincheux, occupant son temps à faire semblant de ranger le pont de son magnifique voilier, tout en ayant le contrôle sur ce qui se passe autour de lui. Sur l’eau, c’est comme sur terre, parfois il arrive que le voisinage ne soit pas des plus aimable. Heureusement, nous avons la chance d’avoir une maison mobile.

 

 

Le vent n'est pas au rendez-vous et c'est au moteur que l'on rejoint la baie de Soufrière. Un mouillage d’une très grande beauté. Nous sommes au pied du petit piton, un cône pointu couvert de végétation, dont la pointe effilée s'élève d'un trait vers le ciel à près de 800 mètres. Sa forme nous rappelle le Cervin, icône du célèbre chocolat suisse Toblerone. La vue est époustouflante ! 

 

 

Un « boat boy » nous accueille: "hello my friends, welcome to paradise!" Il nous loue une bouée d’amarrage. Pour protéger les fonds et parce que les profondeurs sont importantes, jeter l'ancre est interdit. Il est de coutume d'accepter l'aide d'un « boat boy » pour prendre une bouée et lui filer ensuite un petit billet. Notre cher pote, qui se prénomme Woody, nous propose avec toute sa sympathie et son art de se la jouer cool, de nous emmener avec son bateau faire les formalités de douane et immigration au village. Nous aurions dû gentiment refuser et y aller nous-mêmes avec notre annexe. Ou alors, une règle d'or : c'est de toujours demander le prix avant toute chose, cela évite beaucoup de mauvaises surprises. Mais voilà que, bêtement, nous fermons le cadenas de la porte d'entrée du bateau en oubliant nos clés à l'intérieur, oups ! Une belle occasion pour notre cher ami tout dévoué de nous aider en dénichant une pince pour couper le cadenas. Une fois les formalités terminées, il nous ramène à bord avec sa barque en bois dotée d’un moteur ultra rapide de 40 chevaux. Puis il nous propose le fameux tour jusqu’au volcan et cascades, une petite matinée pour une somme aberrante de 200 euros ! C'est là qu'on se dit, qu'il est bien gentil mais qu'il se fou de nous. Et mince, car maintenant qu'on n'a refusé, il ne va manquer de nous demander un prix exorbitant pour les services qu'il vient de nous rendre... Tom et moi, nous sommes parfois un peu trop gentils mais cette fois-ci, cela nous aura servi de leçon et nous aura laissé un petit goût amer…

 

Les « boat boy » ne nous sollicitent que très peu. Il y a le rasta qui vend ses fruits et légumes mais il est tellement sous l’emprise du cannabis qu'il n'est plus capable d'aligner trois mots... Et puis, il y a le mec qui ramasse les poubelles mais malheureusement pour lui, nous ne sommes pas de bons clients, il n'insiste pas. La haute saison est terminée et il y a moins de dix bateaux au mouillage.

 

 

Au village de Soufrière, nous sommes dépaysés, dans un tout autre monde. Nous découvrons avec émerveillement une certaine authenticité dans cette petite ville pittoresque. De vieilles maisons créoles en bois colorés, des étalages de fruits et légumes sur les trottoirs, des cahutes où les locaux se retrouvent devant une bière. Nous croisons quelques gars, qui ne sont pas tout seul dans leur tête, un peu désorientés et bizarres… En Occident, ils seraient probablement dans des maisons spécialisées mais ici, ils semblent être acceptés et faire partie du décor.

 

En passant devant l'église les chants gospel sont tellement beau que ça m'en donne des frissons. Ici, j’irai volontiers assister à une messe, l’ambiance est tellement joyeuse…

 

Nous marchons jusqu'au jardin botanique. La visite en vaut la peine. Nous passons notre lundi de Pâques dans un cadre enchanteur, contemplant les cascades et des fleurs qu'on appelle "sexy pink", le seul nom que l'on retiendra. Il n’y a presque personne et nous nous promenons dans ce petit paradis tropical, c’est tellement beau ! Mes plantes d'appartement en version géante, voir gigantesque ! Pour arroser toute cette végétation luxuriante, il faut une pluie généreuse. Il pleut en moyenne trois fois par jour, mais cela ne dure jamais longtemps. Nous nous amusons à ouvrir et fermer les hublots et quand l'eau tombe du ciel, j’en profite parfois pour prendre la douche. En général, c'est quand le shampoing est bien étalé sur la tête que la pluie s'arrête. Il ne reste plus qu'à sauter à l'eau pour rincer et terminer avec une bouteille d’un litre et demi d’eau douce.

 

La bouée d’amarrage coûte une coquette somme de 18 euros la nuit. À ce prix-là, on a un coffre rigide qui tape contre la coque du bateau une bonne partie de la nuit. Cela fait un de ces vacarme ! Le mouillage est rouleur, nous dormons mal et ne passons que deux nuits. Au moment de partir, mauvaise surprise, nos amarres se sont entremêlés autour de la bouée dans un gros méli-mélo. Il a fallu nous armer de patience pour défaire tout ce bordel, jusqu'à ce que le bateau des Rangers, qui s'occupe d'encaisser la somme des bouées, passe par là et viennent enfin nous libérer. 

 

Fasciné par les deux pitons, ces deux pics majestueux de près de 800 mètres de haut, nous aurons tout le temps de les admirer pendant des heures. Un fort courant nous ralenti. Malgré un appui moteur nous avons l'impression de faire du surplace et c'est presque le cas ! Nous avons un bon vent de travers mais le compteur affiche une moyenne de 1.5 à 2 nœuds. Eh bien, il ne faut pas être pressé de quitter ce lieu magnifique ! 

 

 

À l'horizon, nous apercevons un mat gigantesque avec 5 barres de flèches. C'est le voilier luxueux que nous avions vu au Marin. Nous avions parqué notre annexe à côté de lui à la station essence. Il avait fait le plein pour 34 000 litres !!! Tandis que nous remplissions nos petits bidons de dix litres... Nous ne vivons pas tout à fait dans le même monde... 

 

Bref, le courant nous freine et le cap est inconfortable, secoué par une houle sur le nez. Moi qui croyais avoir enfin vaincu ce fichu mal de mer, j'avais crié victoire un peu trop tôt. Le voilà qui attaque de manière sournoise à chaque instant de faiblesse. Mais il ne s'emparera pas de moi aussi facilement. Mon estomac en a vu d'autre pendant la transat, un petit comprimé de stugeron dès les premiers symptômes et l'affaire est vite réglée. Ouf ! J’ai gagné !

 

LES GRENADINES

 

Bequia 

 

Le soleil se lève dans un ciel dramatique rose mêlé de gris, des grains se rapprochent à l’horizon. Nous laissons l’île de Saint-Vincent à bâbord. Notre autopilote, celui qui nous avait également lâchement abandonné pendant la transat a pu faire ses preuves durant toute la nuit. Nous n’avons pas eu à tenir la barre, juste à veiller tout en admirant le spectacle des étoiles.

 

 

En début de matinée, nous atterrissons à Bequia, qui se prononce « Bèkwouè », une des perles de l’archipel de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

 

Saint-Vincent est l’île principale et les Grenadines sont composées d’un chapelet de 31 îles plus petites. Découvert par Christophe Colomb en 1498, l’archipel a fait l’objet de nombreuses convoitises entre la France et l’Angleterre, dont les plans ont été longtemps perturbés par la résistance des indiens Caraïbes. L’archipel est indépendant depuis 1979. La population, principalement d’origine africaine, parle anglais et créole.  

 

La grande baie est très fréquentée, il y a une centaine de bateaux dont beaucoup de charter. L'eau limpide dévoile toute une gamme de tonalités de couleurs turquoise. La plage de sable blanc est digne des paysages de cartes postales. La petite ville touristique est charmante.

 

Bonnet en laine aux couleurs jamaïcaines, dreads lock, pétards aux lèvres, salut fraternel poing contre poing, le marché aux fruits et légumes est un bon exemple de cette culture rasta. Il y aurait eu tant de magnifiques images que j’aurais rêvé de pouvoir prendre, mais c’est dans mon esprit que je les ai prises.

 

Le soleil tape fort, la chaleur est écrasante et nous ralentissons le rythme. Ici, le stress est totalement absent. La vie s’écoule tout en douceur.

 

 

Le matin, lorsque je me réveille un peu trop tôt, je pétris des petits pains pour le déjeuner que nous prenons dans le cockpit en contemplant la tortue qui se balade autour de notre bateau. Sa tête dépasse de la surface de l’eau pour respirer, prenant 4 inspirations avant de redescendre. Elle remonte toutes les dix minutes puis continue son tour.

 

 

Snorkeling

 

Malheureusement, les méduses sont apparues. Celles qui ont la taille d’un poing, blanchâtre transparente, ornées de quatre points noirs sont inoffensives et au toucher, c’est comme de la gélatine, beurk ! Cependant, les plus méchantes, ce sont celles qu’on ne voit pas, elles picotent et quand elles nous touchent les endroits sensibles tel que le visage, c’est très désagréable. Tom développe une allergie et son corps se retrouve couvert de boutons urticants. Pas loin de ressembler à « Eléphant Man », il doit prendre un traitement antihistaminique et une pommade à base de cortisone, sans grand succès, l’unique thérapie est d’éviter d’aller dans l’eau, le pauvre.

 

De mon côté, aucun souci avec les méduses, si ce n’est que ce n’est pas très ragoutant de nager au milieu de ces bestioles. J'enfile mes palmes, mon masque et tuba et saute dans l'eau pour rejoindre, 350 mètres plus loin, la magnifique plage bordée d'un joli récif au coin d'un rocher. Je me retrouve nez à nez avec une tortue qui ne m’avait même pas vue. Tandis qu’un peu plus loin, je découvre avec stupéfaction une raie aigle tachetée noire et blanche, entrain de brouter l’herbe qui tapisse le fond de l’eau. Impressionnée par sa longue queue, je n’ose pas l’approcher de trop prêt. Elle ressemble à un oiseau sous-marin. J’observe les nombreux poissons colorés et quelques coraux. Un poisson étrange nage au fond de l’eau, couleur camouflage, on ne l’aperçoit qu’à peine, mais dès qu’on l’approche, quelle surprise, il déploie des ailes bleutées ! Des murènes sortent de leur cachette sous les rochers pour attraper des poissons, mieux vaut garder la distance, elles ont de vilaines dents. Je remarque de belles langoustes que j’aurais voulu avoir dans mon assiette, cependant la pêche au harpon est interdite. Elles sont vendues par les pêcheurs mais cela dépasse notre budget. Il faut dire que la vie est très chère dans les îles.

 

Rencontres 

 

Nous retrouvons un couple d'amis sur leur catamaran. Nous avions rencontré Pascal à Graciosa. Ayant accompli un tour du monde qui a duré 8 ans, il nous a fait rêver et filé pleins de bons tuyaux. Nos chemins se sont à nouveau croisé en Martinique, où nous avions passé une soirée très sympathique à partager nos histoires. Nous suivons le même sillage et nous les reverrons probablement plus tard. 

 

Un jour, nous découvrons notre annexe attachée au ponton remplies de mangues. Quelle merveilleuse surprise ! Mais qui donc nous a fait ce cadeau ? C'est plein d'interrogations que nous retournons en direction de notre bateau quand nos voisins allemands nous font signe. Le mystère est levé, ce sont eux qui nous ont fait ce geste généreux. Tout de suite séduit par ce couple sympathique nous les retrouvons pour passer une formidable soirée à un concert de Steelband, cette musique typique des îles où l’on tape sur des tonneaux de pétrole. Jochen et Helga ont navigués toute leur vie, des voyages qui les ont menés, entre autres, jusqu’en Antarctique. Modestes et passionnés, ils ont même construit un de leur voilier… Nous partageons des histoires toute la soirée et nous quittons Bequia ensembles. Nous allons à Canouan et nous nous retrouverons plus tard aux Tobago Cays.

 

Canouan

 

La navigation d’une vingtaine de milles nautiques de Bequia à Canouan est plutôt sportive, nous sommes aspergés par des vagues qui giclent par l’avant du bateau jusqu’au cockpit.

 

Nous jetons l’ancre à Canouan, une petite île des Grenadines, elle ne mesure que 5,5 km sur 2 km de large, il paraît que c’est la plus sauvage et la moins fréquentée. En effet, nous ne compterons que deux jusqu’à sept voiliers au mouillage. La première soirée, à nos côtés, un voilier suisse, un Amel Super Maramu, la Rolls Royce des voiliers de voyage. Ils s’en vont déjà le lendemain mais nous avons le temps de passer une superbe soirée en compagnie de ce couple adorable.

 

Des oiseaux, très nombreux, jacassent du matin au soir. Les mouettes tiennent leurs réunions juste devant nous, elles se reposent par centaines sur l’eau, formant comme des tapis. Sous l’eau, il y a des bancs de poissons impressionnant ! Nous passons notre temps sur la planche de stand up paddle au milieu du lagon et à la découverte du monde sous-marin. Nous découvrons un beau spot de snorkeling, des coraux de toutes sortes et de nombreux poissons colorés, un véritable aquarium.

  

Le village est charmant avec ses jolies petites maisons colorées. Il règne un calme incroyable, des chiens, des poules, des chèvres, un âne se promènent tranquillement dans les rues presque désertes.

 

 

Le plus petit voilier

 

Très souvent, Vagabond est le plus petit, mais voilà qu’aujourd’hui, un minuscule voilier arrive dans la baie. Vu les conditions qu’il y a dehors, on peut s’imaginer combien il a dû galérer pour arriver jusqu’ici, le pauvre. Nous l’avions remarqué à Bequia, ce petit bateau au pavillon danois. Curieux et franchement très impressionnés, nous allons à la rencontre du bonhomme pour saluer sa performance. Nous lui offrons une bière fraîche, un geste qui le surprend. « Qu’est-ce que vous voulez ? Juste m’offrir une bière ou parler ? ». Oui, cela lui semblait certainement très étrange que l’on vienne vers lui. Il semble sauvage et solitaire. Je ne pense pas qu’il doit rencontrer beaucoup de gens. Il doit bien avoir au moins 70 ans et navigue sur un voilier de 21 pieds (6.3 mètres). Il prend le temps de nous conter quelques un de ses voyages, toujours sur des petits bateaux et nous le quittons pour le laisser dans son espace de tranquillité.

 

 

Après 5 jours passés dans ce véritable havre de paix, nous quittons Canouan pour rejoindre les Tobago Cays à une distance de quelques milles seulement. Nous sommes à peine sorti de la baie qu’un grain éclate. Nous nous faisons rincer et le vent propulse notre annexe (tracté derrière nous pour les courts trajets) à l’envers. Impossible de le remettre à l’endroit malgré de multiples essais, il y a une force incroyable d’un vacuum qui le retient dans cette position. Entre temps, le vent s’est calmé, on essaie encore et encore, mais rien à faire, l’annexe se fait tirer à l’envers et nous avons peur de le perdre vu la pression qu’il y a sur les points d’attaches. Que faire ? Nous décidons de faire demi-tour pour retourner au mouillage. Il nous faudra la force d’un winch avec une drisse reliée au mat pour le soulever et vider l’air qui faisait pression. Maintenant, reste plus qu’à trouver un moyen pour alourdir notre annexe, trop léger, afin que ce problème ne se reproduise plus. Tom fixe une chaîne en inox à l’avant, la seule solution provisoire possible. Nous n’avons pas la place pour le stocker sur le pont… Et c’est un peu dommage de le dégonfler pour une heure de navigation. Les distances entre les îles sont courtes.

 

 

Tobago Cays, première impression du paradis

 

Les quatre îlets inhabités sont protégés par une barrière de corail en forme de fer à cheval. Les vagues se cassent contre le récif, nous ne sommes pas protégés du vent et le mouillage est parfois agité lorsque la marée est haute et que des vagues arrivent à passer par-dessus la protection du récif. Nous avons alors la sensation d’être en pleine mer en train de naviguer. Se trouver là, face à l’océan qui s’ouvre devant nous, c’est fabuleux ! L’eau est d’une clarté extraordinaire, le bleu est de rigueur dans toute ses déclinaisons, du bleu pâle translucide au bleu sombre en passant par toutes les gammes de turquoise… Que c’est beau ! Les Tobago Cays sont une première impression de ce qui nous attend dans le Pacifique.

 

En haute saison, il parait qu’il peut y avoir une centaine de bateaux les uns sur les autres, nous avons de la peine à nous l’imaginer. La chance est avec nous, il n’y a que vingt à trente voiliers et catamarans. Néanmoins, sur les îles et dans l’eau, il n’y a pas grand monde, la plupart ne quittent même pas leur bateau.

 

Le premier jour, nous retrouvons nos amis allemands Jochen et Helga qui nous invitent à passer une merveilleuse soirée sur Arcadia. Un ancien voilier de régate en aluminium qu’ils ont retapé et modifié pendant dix ans avant de larguer les amarres en décembre 2017. Leur bateau est un bijou, chaque détail est soigné. Le repas est un vrai régal, ils nous offrent un menu succulent accompagné de bons vins et le summum fut le désert glace à la vanille saupoudrée de chocolat suisse. Quand on vit sans frigo et bien sûr sans congélateur, la glace est le genre de truc qui nous fait fantasmer.

 

Aux Tobago Cays, nous passons notre temps dans l’eau avec les tortues et les sting raies bleutées. Les tortues sont très nombreuses, elles sont tellement habituées à la présence humaine qu’elles ne s’en inquiètent absolument pas. Nous nageons jusqu’au petit îlet de Jamesby, nous sommes seul et passons des heures à contempler le décor extraordinaire qui s’offre à nous. Un aperçu du paradis. Nous grimpons au sommet, quand tout à coup, nous surprenons deux iguanes en train de faire l’amour. Waouh !

 

Un jour, sur un des petits ilets, nous rencontrons un mec des îles qui dépose deux touristes pour une séance de kite surf. En attendant ses clients, il nous offre l’occasion de caresser un iguane qu’il a attrapé parce qu’il se bagarrait avec un de ses congénère. Puis, il grimpe sur un cocotier et nous apprend comment ouvrir une noix de coco pour en déguster la chair, mmm c’est tellement bon ! Reste à apprendre comment grimper aux cocotiers et ça, je doute qu’on n’y arrive un jour !

 

Soudain, le cinquième jour, les sargasses sont arrivées. Des tapis se sont formés sur l’eau, les plages immaculées de sable blanc se sont retrouvées envahies par ces algues venues mourir et libérer alors une odeur désagréable. Terminé le snorkeling dans les plus belles eaux, nous nageons entre ces herbes qui nous fouettent et s’accrochent à nos cheveux, bof, ce n’est pas très agréable.

 

 

Alors, nous avons levé l’ancre et repris la route en direction de Union, notre dernière escale aux Grenadines. L’île a un relief escarpé, dont les cimes et les arrêtes majestueuses lui valent d’être comparée à Tahiti. Encore une fois, nous sommes sous le charme de cet endroit, les maisons aux couleurs éclatantes, la gentillesse des locaux, l’ambiance baba cool…

 

La suite ? Eh bien, il est temps que nous nous dirigions gentiment vers Panama en faisant escale aux îles ABC et aux San Blas. Au Panama, Vagabond sera sorti de l’eau et mis sur un chantier pendant 4 mois, le temps que l’on rentre en Suisse remplir la caisse de bord, afin de pouvoir continuer de vivre nos rêves…

 

 

 

 

 

 

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