On sort nos doudounes et on arrive !

November 27, 2017

Vous avez pu lire nos aventures ainsi que nos quelques petites mésaventures… Eh oui, il va sans dire que nous avons eu un parcours pour le moins parsemé d’obstacles… C’est la vie ! faite de chance, mais aussi de malchance. Le tout, c’est de rester positif ! Oui, en théorie plus facile à dire qu’à faire, mais peut-être que rien n’arrive par hasard et que tout n’est que leçon de vie. 

 

Si on nous avait dit qu’on allait devoir sortir deux fois le bateau de l’eau depuis le départ, olala on ne l’aurait pas cru ! Bon, au moins, cela nous a permis de rencontrer les gens les plus formidables de notre voyage dont le navigateur chinois qui nous a prouvé qu’à force de volonté, tout est possible : même faire la mini transat avec un seul bras !

 

On peut dire que la traversée de la Méditerranée fut longue jusqu’à Gibraltar. Une Méditerranée capricieuse et imprévisible : une chose est sûre, on n’y reviendra plus ! Arrivés à Gibraltar, un passage mythique, où nous avons le temps, sur le chantier, de nous décourager mais surtout de rêver… Nous imaginons, un jour, boucler la boucle ici, mais c’est encore de la musique d’avenir et beaucoup de milles à parcourir devant nous… Il n’est rien de plus beau que de rêver et de réaliser ses rêves !


La traversée Gibraltar-Canaries : une sacrée expérience ! Nous avons pu vivre toutes les conditions possibles réunies d’une croisière, qui aurait dû être parfaite à la base, sauf que les prévisions météo ne sont pas une science exacte. Alors au programme : 4 jours bloqués au milieu d’une mer complètement lisse, en passant par de belles navigations en compagnie des dauphins (remède miracle contre le mal de mer) et jusqu’à la tempête avec des vents de 8 beauforts et un océan déchaîné… Tom, avec son expérience, a déjà vécu des situations bien pire que cela, mais il m’avouera que c’était quand même une des nuits les plus difficiles de ses 30 ans de navigation ! Parait qu’on ne vit pas ça souvent ! Tant mieux ! Et dire que j’ai un jour oser affirmer que la voile, ce n’était pas du sport ! Honte à moi ! J’ai retiré ces mots quand j’ai vu comment Tom a su gérer le bateau dans des vagues pareilles et passer plus de 20 heures d'affilées à la barre ! Je dois dire qu’il faut être solide et avoir un moral d’acier ! Et un bateau d’acier c’est pas mal non plus... 

 

Je vous parlais de malchance, ou la poisse comme on dit plus vulgairement… Peut-être qu’on ne peut pas avoir la chance partout en même temps ? D’un certain point de vue, on est chanceux de vivre cette vie sur un voilier qui nous mènera, un jour, vers des escales paradisiaques. On est chanceux d’être un couple heureux… Et d’un autre côté, et bien on a eu, on pourrait dire, un peu la poisse en santé… Nous avons accumulé accidents stupides après accidents stupides, bon c’est toujours bête un accident non ? Cela commence par une fracture du col du fémur ! Avant le départ, ce n’était franchement pas une bonne idée ! Et puis ça continue par Tom qui se fissure les côtes et se fait une méchante épicondylite, qui a pris son temps pour se rétablir… Bref, un parcours quelque peu parsemé d’embûches, heureusement rien de bien grave, mais juste de quoi nous ralentir et nous embêter…

Le mal de mer ? Celui-là il ne m’aura pas, il deviendra un jour gérable, j’en suis sûr ! Et même si ce n’est pas le cas, et bien il parait qu’il y a des navigatrices qui ont fait plusieurs fois le tour du monde malgré leur mal de mer. C’est dire à quel point tout le reste compense et fait oublier ces moments parfois un peu plus pénibles.

 

Voilà, le bateau est enfin prêt, lui qui a passé sa vie sur un lac, il est maintenant parfait pour traverser un océan. Et nous aussi, nous étions prêts à traverser l’Atlantique, dans quelques jours, dès que la météo serait favorable… SAUF que, eh oui… sauf qu’aujourd’hui, nous avons dû prendre une décision importante qui nous semble encore surréaliste mais certainement sage et raisonnable : nous rentrons en Suisse pour que je puisse voir un spécialiste pour ma hanche. J’ai tant espéré qu’avec le temps, avec la réduction des activités au minimum, avec tous les traitements que j’ai suivis ces derniers mois et qu’avec un peu de chance et beaucoup d’espoir, ma hanche finirait par se rétablir… Mais ce n’est malheureusement pas le cas et les douleurs se sont intensifiées jusqu’à devenir de plus en plus handicapantes : marcher me fait souffrir, dormir est un calvaire, aucune position n’est confortable… Carburer aux anti-inflammatoires ne fonctionne plus et n’est pas la solution… Je crois qu’il a fallu plusieurs nuits blanches, des douleurs devenues suffisamment épuisantes pour que nous finissons par écrire au spécialiste en Suisse qui m’a proposé un rendez-vous sans attendre. Après de longues réflexions, nous nous sommes décidés à rentrer le temps d’avoir enfin des réponses rassurantes, un diagnostic et un traitement approprié. S’il y a une chose essentielle dans la vie, c’est la santé ! Alors, si vous l’avez : profitez-en à fond !!! Marchez ! Courez ! Grimpez ! Réjouissez-vous car la santé peut vite foutre le camp et quand chaque pas n’est que douleur, vous vous mettez à prier pour que tout redevienne comme avant…  

Je vous rassure, rien ne viendra gâcher nos rêves et nos projets ! Alors, nous restons positifs et optimistes et nous avons toujours le but de traverser l’Atlantique en janvier, pour si tout va bien, arriver à Panama au mois de Mars. C’est notre objectif. Tom est bélier, il fonce ! Aujourd’hui, il est triste, car si près du but, du grand bleu qui l’appelle, il doit renoncer pour repousser à plus tard… Cependant, le positif dans l’histoire, c’est que nous nous réjouissons beaucoup de revoir la famille et les amis… Alors, on sort nos doudounes, nos écharpes et nos bonnets et on vous dit à tout bientôt les amis ! On arrive !

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