RETOUR AU CHANTIER

October 13, 2017

Bloqué sous le nuage de Gibraltar

 

Si notre moteur nous a finalement laissé quitter Estepona pour rejoindre Gibraltar, et bien le problème était très loin d’être résolu ! Et nous qui avions cru en notre petit porte bonheur Krishna et aux prières. Non décidément, il nous fallait vraiment un mécanicien ! On se réjouissait de partir vers les îles Canaries lorsque nous n’avons pas pu faire ni marche avant ni marche arrière… Il y a eu un bruit de grincement atroce comme si deux plaques de métal frottaient méchamment l’une contre l’autre… Aille !

 

Un petit tour à Tarifa

 

Le séjour se prolonge sous le nuage de Gibraltar, en attendant qu’un mécanicien vienne nous dépanner. Nous profitons donc pour faire une virée d’une journée jusqu’à Tarifa en bus. Tarifa est une ville en Andalousie. Il s’agit de la zone de l’Espagne la plus proche du continent africain, à seulement 14 km. La pointe de Tarifa est également la ligne de démarcation entre la mer Méditerranée et l’Océan Atlantique, qui s’unissent juste en face de la ville. Une des zones les plus ventées en Europe, c’est le paradis du kitesurf et windsurf ! Paradis aussi pour les amoureux de la plage, nous sommes éblouis par ces longues étendues de sable blanc et fin et les eaux cristallines… Nous aurions bien voulu y passer plus de temps d’autant plus qu’ici l’ambiance est plutôt sympa !

 

Nous rencontrons un couple de navigateurs arrêté en urgence à cause d’un problème technique et coincé contre un ponton en attendant que les vents se calment. L’eau bouillonne dans le port et on se croirait en pleine mer ! Leur bateau tape méchamment contre le ponton et il leur est impossible de quitter cet endroit. Tarifa n’est pas du tout le lieu idéal pour un voilier ! Invité à bord, nous avons passé un moment très agréable en leur charmante compagnie et nous espérons les revoir bientôt…

 

 

Remorquage et sortie de l'eau

 

James le mécanicien diagnostique un problème au niveau de l’arbre de l’hélice et mauvaise nouvelle : il va falloir sortir le bateau de l’eau ! OH NON ! Et comme il n’y a pas de chantier naval à Gibraltar, il nous faudra être remorqué jusqu’à Algésiras, de l’autre côté de la baie.

 

En attendant, il se trouve que Trevor, notre voisin du bateau d’à côté, est plongeur et mécanicien ! Spontanément, il propose de plonger pour voir ce qui se passe au niveau de notre hélice… En espérant qu’avec un peu de chance, il puisse régler le problème sous l’eau… Mais l’hélice est bien en place, elle fait un bruit bizarre quand on la tourne, le problème est plus grave et on va quand même devoir sortir le bateau.

 

La traversée de la baie de Gibraltar à Algésiras en étant remorqué par un autre voilier est une expérience !  Nous sommes entourés par des pétroliers et des cargos au mouillage et des ferries nous passent sous le nez à toute vitesse, ne respectant pas vraiment les règles de priorités ! Au loin, on pouvait même observer quelques dauphins qui faisaient des cabrioles !

 

 

Vagabond hors de l’eau, cela fait toujours quelque chose de le voir ainsi à sec. Après pas mal de galères, le verdict c’est que l’arbre de l’hélice n’était pas bien en ligne avec le moteur (cela se joue au millimètre). Au chantier à Cartagène, le mécanicien, au lieu de faire le réajustement quand il a changé le presse-étoupe, n’a rien trouvé de mieux que de mettre de la colle pour tenir l’arbre dans le mauvais axe. Après avoir dû couper l’arbre pour le sortir, on a dû le changer… Bref tout cela est bien technique et pour ceux qui n’y connaissent rien et j’espère que je n’ai pas été trop dans les détails et que vous êtes encore entrain de lire cet article… Il faut dire que depuis que je vis à bord, tous ces termes que j’ai appris lors des cours du permis mer, prennent enfin du sens !

Bref, le problème n’est pas grave mais cela prend du temps et surtout de l’argent… On va devoir se serrer un peu la ceinture !

 

Tom profite qu’on soit hors de l’eau pour faire quelques petits travaux comme monter un nouveau passe-coque (sortie d’eau) pour notre évier toujours bouché car l’ancienne sortie était trop petite… Quelques bricoles en vue de la transat aussi… bref encore du boulot !

 

Rencontres sur le chantier

 

Depuis notre départ, c’est sur les chantiers que nous avons fait le plus de rencontres. Nous nous sentons un peu moins seul lorsque nous partageons nos galères et que nous relativisons car il y a toujours pire que nous… Moments d’entraide, de solidarité et de réconfort au milieu du bruit, de la poussière et de la crasse. Ici, nous faisons la connaissance d’un jeune couple de navigateurs chinois. Ils sont rares les chinois qui naviguent. Mais le plus insolite c’est que le marin, anciennement dans l’équipe olympique, n’a qu’un seul bras !

 

Un ptit tour au Maroc !

 

Algésiras est une ville industrielle sans intérêt, si ce n’est que c’est d’ici que partent les ferries pour le Maroc. Le port est gigantesque et mieux vaut ne pas se promener la nuit dans les alentours… Ici, c’est vraiment moche, Tom me dit que c’est le top du plus laid que nous verrons au cours de notre périple, car on ne peut pas vraiment avoir pire au niveau esthétique ! Alors étant donné que nous fêtons nos 4 ans de vie de couple et que nous sommes encore sur le chantier, nous allons profiter d’aller passer ce week-end en amoureux au MAROC 

 


 

 

 

 

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