GIBRALTAR

October 6, 2017

Prêt à larguer les amarres, or voilà que notre moteur nous joue un très mauvais tour ! Impossible de faire marche arrière, ni marche avant ! Olala ! Il semblerait qu’Estepona veut encore nous retenir… Bref instant de panique, on imagine déjà le pire et devoir ressortir le bateau de l’eau (oui on est encore un peu traumatisé par nos mésaventures à Cartagène) … Tom et Peter s’occupent d’enlever le sol du cockpit pour accéder au moteur et découvrir ce qui ne va pas, pendant que je cours au bureau du port, où la secrétaire, à qui nous avions fait nos adieu à peine une demi heure plus tôt, est toute étonnée de me revoir. Après avoir passé plusieurs coups de fil, elle trouve finalement un mécanicien qui bosse le samedi !

 

Dépités, nous acceptons l’invitation de Peter de boire une bière en attendant le mécanicien. Après avoir bu ce dernier verre avec notre ami, Peter dit à Tom d’installer le dieu Krishna dans notre coin de navigation (un petit cadeau qu’il nous a offert pour nous porter bonheur et protection) et d’essayer à nouveau de démarrer tranquillement le moteur… Quelques minutes plus tard, miracle ! Tout est ok et fonctionne à merveille ! Incroyable ! C’est vrai qu’ils sont balaises en mécanique les dieux hindous ! ;-)

 

Nous avons finalement appris une leçon ce jour-là, il faut toujours faire les choses que l’on a promises. Tom avait dit à Peter le jour auparavant qu’on boirait un dernier verre avec lui, mais nous étions tellement pressés et excités de partir après 7 semaines ici qu’on s’était dit au revoir un peu trop vite sur le ponton… Notre Vagabond nous a rappelé de toujours tenir nos promesses et de prendre le temps, de ne jamais partir précipitamment. 

 

Nous quittons Estepona et mettons le cap en direction de Gibraltar. L’émotion est grande en s’approchant du rocher, "the Rock" comme l’appelle les anglais. D’une hauteur de 420 mètres, il est très impressionnant !

La Méditerranée est enfin derrière nous, elle n’était pas facile, imprévisible, des vents changeant, trop faibles ou trop fort… Les belles navigations ont été très rares et nous avons fait 140 heures de moteur depuis notre départ de Martigues.

 

Après une demi journée de navigation, nous arrivons à la marina de Queensway Quay. Nous avons à peine le temps de nous amarrer que notre voisin fait déjà les présentations ! On est surpris par la gentillesse des anglais ! De suite, ils nous proposent leur aide ! Un bel accueil chaleureux et même une coupe de champagne nous est offerte dans le bar où nous allons prendre un verre pour la deuxième fois consécutive… Oui, elle est chouette cette marina ! Au pied du rocher, pas trop grande, avec une vie dans le port, quelques restaurants et bars, mais c’est plutôt calme. Ici on voit les premiers voiliers "tourdumondiste". Ce matin, nos voisins ont largués les amarres, pavillon néozélandais, ils ont déjà fait la moitié d’un tour du monde !

 

Territoire britannique au bout de l’Europe, aux portes de l’Atlantique et de la Méditerranée. Quel sentiment étrange de se retrouver en Angleterre sous les palmiers ! Ici tout est anglais : les écoles, la monnaie, les cabines téléphoniques, les bus londoniens à deux étages, les bâtiments et même la météo ! En effet, la grisaille matinale nous rappelle même notre ancienne région des trois lacs… La seule chose qui n’est pas anglaise, c’est la conduite comme en Europe.

 

Gibraltar mérite une visite ! Des vestiges de l’époque Maure, du temps de la domination espagnole et plus récemment anglaise, cette ville est chargée d’une histoire fascinante. Des forteresses et des murailles, des canons à presque chaque coin de rue, mais aussi des maisons d’un charme fou ! Anciennement, la ville vivait de la présence militaire mais aujourd’hui c’est de plus en plus le tourisme et le marché duty free qui domine l’économie de ce petit bout de territoire anglais.

Les vendeurs des boutiques sont en majorité indiens, ils proposent de l’électronique, des montres, des parfums, des alcools, du tabac, du chocolat, et tout est hors taxe ! Gibraltar, c’est un grand duty free ! Nous profitons aussi de faire le plein d’essence pas cher du tout!

 

Gibraltar, c’est aussi des menu fish and chips qui font saliver Tom et pour moi c’est le bonheur car enfin ici je trouve toutes les épices indiennes ! J’en ai des masses et j’en ai pour un moment ! Je vais pouvoir en faire des délicieux currys et si vous croisez notre route c’est avec plaisir que vous serez invités à bord pour dégustation de cuisine indienne ! :-)

 

La frontière espagnole, plutôt originale, se trouve de l’autre côté de la piste d’aéroport que l’on traverse à pied ou en voiture ou même en bus londonien à deux étages. Il arrive parfois qu’il faille attendre qu’un avion atterrisse ou décolle… C’est vraiment très spécial ! Du côté espagnol, la ville de la Linéa est plûtot glauque, il n’y a que des HLM. Cependant, il faut dire que la vue sur le rocher est superbe ! Le port est immense, mais sans charme. On préfère le côté anglais.

 

Le rocher qui sépare la Méditerranée d’un côté et l’Atlantique de l’autre est à la pointe de l’Europe d’où on peut voir les côtes marocaines à 21km seulement de distance. Ce fameux rocher est peuplé par des singes ! Importé par les arabes, aujourd’hui la population de 280 singes amuse les touristes ! Pas farouches du tout, ils prennent la pause pour les photos. Il y a même une mère et son petit qui ont profité de monter sur le capot de notre taxi en passagers clandestins pour une course gratuite et amusante !

A l'intérieur du rocher se trouve la grotte de Saint Michel qui est majestueuse ! Envoûtante ! Il parait qu'elle fait partie des plus belles grottes d'Europe. Pendant la guerre, la grotte était utilisée comme un hôpital. Aujourd'hui, elle offre un auditorium unique pour des concerts et des spectacles. 

 

 

Gibraltar ne nous aura pas laissé indifférent et nous avons adoré !

 

PS : Si vous avez lu notre dernier article, je ne vous dis pas à quel point notre nouveau petit frigo est le cauchemar de Tom parce qu’il nous bouffe la batterie (qu’on a d’ailleurs dû changé pour une plus puissante) et que la gestion du froid à bord, et bien c’est loin d’être gagné ! Ouais, parfois il mieux vaut rester au plus simple !

Autre sujet, ma hanche… C’est aussi loin d’être gagné, j’avais parlé un peu trop vite avec un peu trop d’espoir, je continue le traitement avec mon médecin qui a aussi un cabinet à Gibraltar… Ouais, on va peut-être le faire le tour du monde des hôpitaux ! 

 

Départ dimanche matin pour une navigation d’une semaine, direction La Graciosa aux Iles Canaries…

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