A LA BARRE ET A POMPER L'EAU...

August 1, 2017

 

Une petite semaine à Majorque

 

Après une nuit au mouillage en face de la cathédrale, nous avons finalement trouvé une place au port qui nous avait refusé la veille.  Nous aurions bien aimé rester au mouillage mais nous devons encore installer une ancre plus sûre et faire quelques modifications pour cela.  

A la marina, nous côtoyons le monde du charter, principalement des allemands comme partout à Majorque... Les places de port sont chères et il y a des bateaux de luxe, tous plus grands et impressionnants les uns que les autres ! C’est tout un monde et notre Vagabond paraît tout petit à côté ! Il y en a de l’argent qui flotte sur l’eau ici !!! Un taxi électrique nous emmène au club nautique où l’on peut apprécier un bain rafraichissant dans la piscine… Bref, il y a pire… mais nous ne sommes pas très à l’aise dans ce monde de riches…

 

On ne se lasse pas de parcourir la vieille ville de Palma de Mallorca, capitale des Baléares, très jolie avec ses dédales de ruelles et bâtiments pleins de charme.  

Nous profitons d’une excursion d’une journée en scooter pour découvrir la Serra de Tramontana, le principal massif montagneux de l’île, inscrit au patrimoine de l’Unesco et dont le sommet culmine à 1445m. Nous prenons le bus jusqu’à Port Soller, une petite station balnéaire où il n’y a plus de place pour se poser sur la plage. Nous louons un scooter et à peine sorti de ce lieu trop touristique, nous nous retrouvons en pleine nature sur des petites routes pittoresques le long des champs d’oliviers et d’orangers. Les paysages sont à couper le souffle ! Puis, nous empruntons la route nationale, une succession sans fin de virages en épingle à cheveux taillés dans la roche. Plus nous montons en altitude, plus nous grelotons de froid ! Eh oui, nous avons un peu sous-estimé la fraicheur des montagnes et nos vêtements sont bien trop léger pour ces circonstances ! Le ciel s’alourdit de gros nuages noirs menaçants et finalement nous rebroussons chemin pour retrouver le bas de la vallée et les villages médiévaux typiques et remplis de cachet comme Fornalutx, véritable coup de cœur !

 

 

Une semaine, c’était court et nous n'avons pas vu grand-chose de Majorque mais nous devons poursuivre vers le sud de l’Espagne où nous avons prévu de visiter un des meilleurs amis de Tom à Estepona et nous arrêter un mois pour faire des travaux et améliorations sur Vagabond…

 

 

Galère des Baléares à Cartagena

 

Nous larguons les amarres et quittons la baie de la Palma de Mallorca et encore une fois, c’est la pétole ! Le vent est définitivement en vacances ! Une mer d’huile, plus plate qu’un lac ! On ne distingue même plus le ciel de l’eau et l’horizon s’est perdu, que c’est beau ! Au loin on voit passer des dauphins et même une baleine !

 

 

Nous naviguons au moteur en tenant la barre et en nous relayant jour et nuit toutes les 90 minutes pendant plus de 60 heures ! C’est épuisant ! Et puis tout d’un coup, on se rend compte que Vagabond se rempli d’eau dans les fonds de cale ! L’eau rentre par le presse-étoupe, la pièce qui relie l’arbre d’hélice au moteur… Quel CAUCHEMAR !!! On pompe et on vide l’eau et puis comme c’est la pétole (heureusement) et bien on dévisse et enlève le sol du cockpit pour accéder au moteur et on resserre les vis de la pièce défectueuse, ce qui aide un peu mais pas longtemps… ça recommence, l’eau s’écoule dans les fonds de cale à une vitesse stressante et on vide un sceau d’eau toute les deux heures !

 

Les nuits sont magiques, c’est la lune noire et le ciel étoilé nous offre un spectacle sublime avec des étoiles filantes… Au moins cela nous console dans notre galère…

 

Enfin, le vent se lève et nous pousse, Vagabond semble chevaucher les vagues ! Comme un parcours d’obstacles à cheval ! Mais le régulateur d’allure ne gère pas et nous devons tenir la barre. C’est dur ! Une chose est sûre : ben si j’avais de la peine au début, maintenant enfin je sais tenir un cap ! Mais, ce qui est encore plus dur, c’est de vider l’eau dans ces conditions… Heureusement pour moi, les patchs scopoderm m’ont guérie du mal de mer ! Ca fonctionne ! Ouf ! Manquerait plus que ça !

 

Fatigués et découragés, nous réfléchissons à tout ce que nous avons quitté pour en arriver là, au milieu de la mer dans cette galère ! On se dit qu’il faut être un peu fou ! Nous avons encore du boulot pour que Vagabond devienne un vrai bateau de voyage qui nous emmène au bout du monde ! La route est longue et je n’en peux plus ! Je fonds en larmes et je ne me sens plus le courage de continuer, je parle de vendre ce petit bateau maudit qui est en train de couler (ouais pas encore tout à fait mais il prend l’eau et ça c’est pas bien !)… Bref, j’en suis là quand tout à coup, une trentaine de dauphins arrivent et nous suivent, sautent devant et tout autour de nous ! Ils nous escortent pendant au moins trente minutes magiques, où, toute excitée, je pleure de joie ! C’est extraordinaire ! Je pense qu’encore une fois les dauphins sont venus au bon moment pour nous encourager… Je me sens mieux et je reprends le courage de continuer à tenir mon cap, direction Cartagena.

 

Cartagena une ville étonnante

 

Nous n'avons presque plus d’essence et prions pour ne pas tomber en panne. Il fait nuit quand on arrive au port de Cartagena où nous nous amarrons le long du quai. Il est minuit mais nous devons encore vider l’eau, dévisser le sol du cockpit et l’ouvrir pour accéder au moteur afin de resserrer les vis de la pièce défectueuse, pour limiter l’entrée d’eau durant la nuit. Une heure du matin, je m'en vais chercher deux bières fraiches et quel bonheur, nous sommes enfin à l’abri ! J’espérais trouver quelque chose à manger mais il est trop tard, on mangera des spaghettis à la bolonaise déshydratées pour dépanner parce qu’on n’a plus l’énergie de faire la cuisine.  

Je ne vous raconte plus l’histoire de la cuisinière qu’on doit changer quand nous serons à Estepona… En attendant, nous avons un petit réchaud à gaz qui dépanne très bien dans les ports mais pas en naviguant, du coup c’est salades en boîtes et biscuits quand on navigue et quand la mer est vraiment plate, c’est la fête car on peut réchauffer une boîte de raviolis !

 

Le matin au réveil, c’est quelque chose ! Il y a une foule de gens qui passe devant notre bateau et s’arrête, regarde, observe. En étant amarré le long du quai de la promenade en plein centre-ville, nous sommes très exposé aux regards des gens ! Timide, je n’ose pas sortir dans le cockpit prendre mon ptit déj…Tom m’incite à venir, tu verras c’est drôle qu’il me dit ! Oui finalement, au bout d’un moment, on s’y fait à être exposé comme cela. Nous sommes trois bateaux voyageurs et faisons enfin nos premières rencontres ! Nous passons de magnifiques soirées en compagnie de nos nouveaux amis et merci encore à vous pour ces partages et pour votre hospitalité ! Ma première fois à bord d’un catamaran ! Ma première fois les crêpes bretonnes : un vrai régal ! Et de beaux échanges ! Nous espérons que nos chemins se croiserons à nouveau…

 

La vieille ville de Cartagena est étonnante avec ses rues pavées de marbre, ses magnifiques bâtiments… Elle regorge d’histoire, d’un passé romain et de vestiges archéologiques. C’est une ville intéressante ! Les gens sont souriant et d’une gentillesse ! Cartagena a gardé son authenticité et son charme mais certainement plus pour très longtemps car de plus en plus de bateaux arrivent ici, le charter aussi et bientôt quand les travaux d’agrandissement dans le port seront terminés, les grands bateaux de croisières arriveront et déverseront des flots de touristes et se sera finit les prix doux et le charme d’un lieu qui n’est pas encore une usine à touristes.

 

Sortie de l’eau et chantier

 

Le mécanicien est venu, il faut sortir de l’eau et changer la pièce défectueuse. Allez ! on retourne à sec au chantier ! Pfff ! Et parce qu’un problème n’arrive jamais seul, et bien encore une surprise nous attendait à la sortie de l’eau : il y a de la corrosion sur certaines parties de la coque car les anodes (les pièces en zinc fixées à la coque à des endroits stratégiques qui permettent de limiter la corrosion) étaient pour l’eau douce et pas pour l’eau de mer… Il faut donc nettoyer la coque, poncer, repeindre les parties rouillées et poser les bonnes anodes… Bref, rien de bien grave mais heureusement qu’on le découvre maintenant ! On a laissé faire les travaux par le chantier naval. Les ouvriers travaillent bien, mais à leur rythme ! C’est qu’il fait une chaleur étouffante insupportable ici !

La qualité de vie est tellement plus belle dans l’eau qu’au chantier… Après une semaine au chantier, on espère que la mise à l’eau se fera vendredi, il faut être patient ! On aimerait pouvoir reprendre la mer samedi en direction d'Estepona, proche de Gibraltar. 

 

 

 

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